Le bailleur social Podeliha a lancé la construction d’une résidence bioclimatique sur le site de l’ancienne cité d’urgence de la rue Guynemer, dans le quartier de La Roseraie à Angers. Les trois bâtiments, baptisés Les Terrasses Guynemer, remplacent une douzaine de maisonnettes individuelles datant des années 1970, rasées fin 2025. Les travaux, engagés en juin 2026, se poursuivront jusqu’en 2028 pour livrer 61 logements pensés pour le climat de demain.
Cette opération s’inscrit dans un programme plus large de transformation de quatre anciennes cités d’urgence angevines, confié à l’issue d’un hackathon interne nommé Archi’Défi. Le budget global avoisine 17 millions d’euros, avec une priorité claire : adapter l'habitat social au réchauffement climatique.
Une construction innovante au service de l’adaptation climatique à Angers
La conception des Terrasses Guynemer repose sur des principes bioclimatiques précis. L’orientation des bâtiments, la gestion de la lumière naturelle et la ventilation traversante permettent de réduire les besoins en chauffage comme en climatisation. Les logements sont conçus pour conserver la fraîcheur en été, sans recours systématique à des systèmes énergivores.
Le projet s’appuie sur une démarche d’écoconstruction : matériaux biosourcés, toitures végétalisées, revêtements clairs limitant les îlots de chaleur. La place de la nature est centrale, avec un objectif de renaturation du site et la préservation d’arbres existants. Cette approche constitue une réponse concrète aux enjeux de transition énergétique dans l’immobilier angevin.
Le quartier de La Roseraie, secteur résidentiel au sud d’Angers, accueille ainsi une densification maîtrisée. L’opération ne se limite pas à remplacer des pavillons vétustes ; elle redessine les usages d’un espace longtemps réservé à l’urgence. Les habitants retrouveront des logements aux normes actuelles, avec des espaces extérieurs privatifs ou partagés, et une intégration paysagère soignée.
Les choix techniques de la résidence bioclimatique signée Podeliha
Le cahier des charges a été établi après une large consultation, incluant architectes, urbanistes et habitants. Le résultat tient en plusieurs mesures structurantes :
- 🌳 Préservation de la biodiversité : les noues végétalisées et les surfaces perméables facilitent l’infiltration des eaux pluviales.
- ☀️ Conception solaire passive : les baies sont dimensionnées pour capter les apports hivernaux et se protéger des fortes chaleurs estivales.
- 🧱 Matériaux bas carbone : recours massif au bois et aux isolants biosourcés dans les parois des trois bâtiments.
- 🌬️ Ventilation naturelle traversante : chaque logement dispose d’ouvertures sur deux façades pour favoriser les courants d’air.
- ♻️ Énergie partagée : une production photovoltaïque en toiture alimente les parties communes et les bornes de recharge pour vélos.
Ces éléments ne relèvent pas de la simple vitrine technologique. Ils traduisent une exigence d’exploitation durable, avec des charges maîtrisées pour les locataires. Dans un marché de l’immobilier à Angers où le prix de l’énergie devient un critère déterminant, la performance thermique n’est plus optionnelle.
Le suivi en usage de l’opération fournira des données précieuses sur le comportement des logements en conditions réelles. Podeliha prévoit un accompagnement des résidents pour les aider à adopter les bons gestes face aux épisodes caniculaires, qui se multiplient dans les Pays de la Loire.
De la cité d’urgence des années 1970 au logement durable : une mutation nécessaire
Les anciennes cités d’urgence angevines ont été bâties dans un contexte de grave pénurie de logements, au début des années 1970. Il s’agissait de maisonnettes préfabriquées, installées à la hâte pour reloger des familles en attente d’un habitat pérenne. Ces constructions légères ont rendu service, mais leur obsolescence était devenue manifeste : isolation inexistante, fragilité structurelle, configurations inadaptées aux modes de vie actuels.
Podeliha a donc engagé une réflexion globale sur ces sites, en associant les habitants dès la phase de conception. Le hackathon Archi’Défi a permis de croiser les regards : architectes, ingénieurs, économistes et travailleurs sociaux ont planché sur des scénarios de réhabilitation, de démolition-reconstruction et de nouveaux usages. Ce travail collectif a débouché sur un concours d’architectes, remporté par une équipe spécialisée dans l’urbanisme durable.
La démolition des douze maisonnettes, intervenue fin 2025, a été une étape symbolique. Elle a libéré un terrain de près de 6 000 m² au cœur du tissu pavillonnaire, en limite du parc et des équipements scolaires. La reconstitution d’un îlot résidentiel de trois bâtiments collectifs, avec des hauteurs limitées, préserve l’échelle urbaine du quartier.
Le programme Archi’Défi : une méthode appliquée à plusieurs sites angevins
L’opération Guynemer sert de modèle pour d’autres anciennes cités d’urgence. Le bailleur social a identifié quatre sites à transformer, dont les résultats seront visibles progressivement jusqu’en 2028. Le tableau de bord est le suivant :
- 🏗️ Les Terrasses Guynemer : 61 logements locatifs sociaux, livraison prévue en 2028.
- 🌿 Secteur des Viviers : réhabilitation et construction neuve, avec une part de logements adaptés aux personnes âgées.
- 🏘️ Baraterie-Banchais : un programme mixte incluant des maisons de ville et des appartements en accession abordable.
- 📐 Quatrième site : encore en phase d’étude, il fera l’objet d’une consultation spécifique dans les prochains mois.
Au total, 149 logements sortiront de terre sur ces emprises, contre 54 pavillons d’origine. Cette densification est assumée : elle répond à la pression démographique francilienne et ligérienne, tout en libérant des espaces de pleine terre. Les projets des Viviers et de Baraterie-Banchais, qui totalisent ensemble 88 logements, appliqueront les mêmes principes de construction résiliente.
Ce programme s’inscrit dans la stratégie patrimoniale de Podeliha, qui gère plus de 30 000 logements dans la région. L’objectif est double : offrir des logements neufs aux normes environnementales strictes et requalifier des emprises longtemps stigmatisées.
Quel impact pour le marché immobilier angevin et les habitants de La Roseraie ?
La livraison des Terrasses Guynemer intervient dans un contexte tendu. La métropole angevine, portée par l’arrivée de la LGV et l’attractivité du pôle universitaire, enregistre une demande locative soutenue. Les logements sociaux et intermédiaires manquent, tandis que le parc ancien exige des travaux de rénovation énergétique de plus en plus coûteux.
La résidence bioclimatique de Podeliha apporte une première réponse : des loyers maîtrisés grâce à des charges réduites, une qualité d’usage quotidienne, et une intégration paysagère respectueuse du cadre de vie. Les espaces extérieurs, les jardins partagés et les cheminements doux participent à la vie de quartier. On est loin des barres anonymes ; on touche ici à une forme d’habitat coopératif, où la mutualisation des ressources devient un levier de résilience.
À quelques centaines de mètres, le groupe Podeliha développe également l’opération Oasis, rue de Beauval, avec 95 logements en accession. Cette diversification public-privé montre la capacité du bailleur à intervenir sur différents segments de l’immobilier, toujours avec la même exigence environnementale. Le quartier de La Roseraie devient un laboratoire à ciel ouvert des politiques urbaines durables.
Reste à observer les résultats en matière de confort d’été et de consommation énergétique. Les premiers retours d’expérience, attendus dès 2027, permettront d’ajuster les futurs programmes. Une chose est sûre : la transformation des cités d’urgence en logement durable illustre une tendance de fond de l’urbanisme français, où le bâtiment neuf se conçoit désormais comme un équipement climatique et social.

J’ai passé dix ans entre une étude notariale parisienne et un cabinet de courtage indépendant avant de basculer dans le journalisme spécialisé. Diplômée en droit notarial et formée à la gestion de patrimoine, je coordonne la ligne éditoriale et veille à la rigueur des comparatifs.